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Étiquetage OGM : Votre panier d’épicerie va-t-il augmenter ?

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Question importante, mais une réponse pas si simple. Afin d’y parvenir avec le maximum de précision, Vigilance OGM a commandé une revue de littérature à Lyne Nantel, candidate au doctorat en sociologie à l’Université Laval, qui a collaboré avec Éric Pineault, professeur au département de sociologie de l’UQÀM. Voici les grandes lignes de cette revue de littérature disponible sur notre site et un bref retour historique sur l’étiquetage au Vermont.

La première chose à savoir, c’est que si le Québec décide d’aller de l’avant avec l’étiquetage obligatoire des OGM, il ne sera pas le premier. En effet, déjà 64 pays dans le monde l’ont déjà mis en place. Cependant, il deviendrait la première province du Canada et le deuxième territoire en Amérique du Nord, après le Vermont, à respecter le droit fondamental des consommateurs. Il s’accorderait par la même occasion à la volonté des Québécoises et Québécois qui l’exigent depuis plus de 20 ans dans une proportion supérieure à 75 % (voir différents sondages).

Alors, ça coûte combien?

Tout dépend de qui répond! Les études à travers le monde sont peu nombreuses et aucune d’entre elle n’a fait une analyse précise sur le terrain des prix du panier d’épiceries, avant et après la mise en place de l’étiquetage obligatoire. Toutefois, si certaines d’entre elles ont fait des estimations, celles-ci diffèrent dramatiquement : jusqu’à un facteur 100 de différence! Par exemple, une étude commandée par les producteurs de maïs aux États-Unis prévoit une augmentation de 1050 $ par famille par année si l’on va de l’avant avec l’étiquetage obligatoire alors qu’une autre commandée par une association de consommateurs évalue plutôt une augmentation de 9,20 $. Alors qui a raison? On peut fondamentalement se demander qui a des intérêts commerciaux dans ce dossier.

En 2006, le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a commandé une recherche afin d’évaluer les coûts associés à l’étiquetage obligatoire des OGM. Cette étude économique avance que les coûts d’implantation de l’étiquetage se chiffreraient autour de 161,75 millions, avec des coûts récurrents annuels de 28,37 millions. Ces chiffres sont 6 fois inférieurs à ceux de l’étude de la firme KPMG (2), commandée en 2000, qui avait été mandatée par des acteurs de l’industrie agroalimentaire au Canada. De plus le rapport du MAPAQ précise :

  1. que les données disponibles (principalement celle de l’industrie) ne permettent pas de chiffrer directement et avec exactitude les coûts pour le consommateur
  2. qu’il est faux de prétendre que cette facture sera entièrement refilée aux consommateurs.

2016 : L’industrie retourne sa veste aux États-Unis

Le 1 juillet 2016 est une date importante. Elle correspond à la mise en place de l’étiquetage obligatoire chez nos voisins du Vermont, une grande première en Amérique du Nord! Lors du vote en mai 2014 de cette loi, le premier réflexe de nombreuses multinationales de l’agroalimentaire et des biotechnologies fut de poursuivre l’état du Vermont pour invalider la loi. Mais la cour du Vermont les a déboutés, donnant ainsi raison aux citoyens, 1ère victoire! Puis ces multinationales, sont allées voir le gouvernement fédéral pour essayer de faire passer une loi à l’échelle des États-Unis pour interdire tous états à mettre en place un étiquetage obligatoire des OGM. Mais ils ont de nouveau échoué grâce aux citoyens, 2ème victoire!

Leurs solutions ont été de retourner leurs vestes devant la volonté des consommatrices et consommateurs. Ce virage s’est opéré depuis le 6 janvier, jour où le plus gros producteur de soupe au monde, Campbell’s, a décidé d’adopter un étiquetage volontaire de ces produits et s’est positionné en faveur d’un étiquetage sur l’ensemble du territoire américain. Incroyable revirement de situation! Depuis d’autres ont suivi comme les deux plus grands géants de l’agroalimentaire Kellogg’s et General Mills.

Pas de preuve d’augmentation

Les décisions d’affaire des grandes entreprises, tout comme le comportement des consommatrices et consommateurs, sont des composantes hautement imprévisibles. Enfin, si les surcoûts étaient aussi lourds que le clament certaines études, il y aurait certainement eu écho de réactions négatives, en provenance de l’un des 64 pays où une loi sur l’étiquetage des OGM est en vigueur. De plus avec ce virage à 180°, le discours de certaines compagnies est passé de : « cela va coûter plusieurs millions de dollars aux consommateurs » à « il n’y aura pas de coût associé pour les consommateurs ». Magique dites vous?

Québec, le Vermont du Canada?

La mise en place de l’étiquetage obligatoire des OGM est une chose, à notre avis, inévitable. Le mouvement en Amérique du Nord est en route, suivant le mouvement mondial. Au Québec, le gouvernement libéral nous annonce depuis 2003 sa volonté de le mettre en place. M. Paradis, ministre de l’Agriculture a « annoncé sa volonté de déposer un projet de loi portant sur le droit du consommateur à une information juste et transparente, s’inspirant de la législation Right to know du Vermont »(3).

Faites du Québec un leader dans ce dossier

AGISSEZ

Télécharger le nouveau rapport : 

Quels seraient les coûts associés à l’adoption d’une réglementation en
faveur de l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec ?

Lire section économique sur les OGM :

(1)Cloutier, Martin. (2006). Études économiques sur les coûts relatifs à l’étiquetage des filières génétiquements modifiées (GM) versus non-GM au niveau Québécois, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/EtudeOGMMAPAQoct2006.pdf

(2) Québécois, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (2) KPMG. (2000). Phase 1 Report. Economic impact study : Potentialcosts of mandatory labelling of foodproductsderivedfrombiotechnology in Canada. Annexe A. p. A-1.

(3)http://www.ledevoir.com/politique/canada/445529/organismes-genetiquement-modifies-un-congres-conteste-s-amene-a-montreal

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