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LOI C30 ET C31

Le gouvernement laisse les lobbys de l'agrochimie prendre le contrôle de l'évaluation des pesticides

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Ottawa/territoire non cédé de la Nation Anishinabe Algonquine, le 8 juin 2026 – Aujourd’hui, les député.e.s du Canada doivent voter pour le projet de Loi C-30 et C-31 qui prévoient deux reculs majeurs en ce qui concerne l’évaluation des pesticides. 


Premièrement, la primauté accordée aux impératifs commerciaux au détriment de la science, et deuxièmement le contournement du pouvoir d'évaluation ministériel par le cabinet. Ce dernier permettrait d'autoriser — jusqu’à 6 ans — des pesticides jugés dangereux pour l'environnement et d'annuler l'application du principe de précaution.

« Pendant que les scientifiques, les associations de santé publique et les groupes environnementaux s’inquiètent publiquement de ces reculs depuis des mois (1), les lobbys de l’agrochimie eux applaudissent (2) », dénonce Laure Mabileau, responsable de la campagne Sortir du glyphosate de Vigilance OGM.

 

Depuis l’élection du premier ministre Carney, l'ensemble des groupes environnementaux ne cessent de dénoncer les coups de haches (3) dans la protection de l’environnement, syndrome de la trop grande proximité du gouvernement Carney avec les lobbys de l’industrie — que ce soit l’industrie pétrolière ou de l’agrochimie. 
Fin avril, Mme Marjorie Michel, s’est même vantée d’être la première ministre de la Santé à assister à un événement de CropLife (4), le principal regroupement des lobbys de l’agrochimie.

 

«  Alors que Mme Michel refuse de rencontrer les organismes qui représentent la société civile et l’intérêt commun, elle s’affiche tout sourire avec les vendeurs de pesticides et répond à leurs demandes », s’insurge Mme Mabileau. « Mme Michel semble penser que son «  mandat » est de se préoccuper de la santé financière de multinationales au lieu de celle de la population – qui lui a pourtant donné le mandat de la représenter ».

 

Le Canada, cancre à l’international

Le Canada est un pays laxiste : en effet, il permet l'utilisation de 121 pesticides dangereux bannis dans de nombreuses régions — comme l'Union européenne. En assouplissant son cadre réglementaire actuel, le pays va à contre-courant des efforts internationaux de préservation, une contradiction qui continue de nuire à sa réputation mondiale. Rappelons qu’en 2022, le Canada s'est engagé à réduire de moitié les risques environnementaux liés aux pesticides et aux produits chimiques dangereux en ratifiant l'Accord de Kunming-Montréal (COP15).

Cet affaiblissement réglementaire compromet aussi directement notre compétitivité sur des marchés mondiaux  plutôt que de favoriser l'économie canadienne. En témoigne le vote récent de l'Assemblée nationale française, qui a interdit l'importation de toute denrée cultivée avec des pesticides proscrits en France (5).

 

« La réputation du Canada se dégrade à vitesse grand V avec le gouvernement Carney », souligne Laure Mabileau. « Espérons que durant le vote d’aujourd’hui, les élu.e.s de tous les partis se tiennent debout face aux pressions des lobbys, protègent la santé des Canadiennes et des Canadiens ainsi que la biodiversité. Il faut cesser de mettre l’intérêt privé de quelques-uns devant l’intérêt commun », conclut-elle.

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Contact : Thibault Rehn, (514) 582-1674