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COUP D'ÉCLAT À LA COP15

Non à la politique des milliardaires

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MONTRÉAL/TIOHTIÀ:KE/Territoire non-cédé de KANIEN’KEHÁ:KA NATION, le 15 décembre 2022 – Des grimpeur.euse.s activistes ont suspendu, aujourd'hui, une bannière de 80 pieds de long portant l'inscription « La biodiversité contre les milliardaires », visible depuis le Palais des Congrès de Montréal où les dirigeants du monde entier se réunissent à l'occasion de la COP15 de l'ONU sur la biodiversité.

Les bannières ont été déployées pour avertir les délégués que des mégamilliardaires tels que Jeff Bezos (fondateur d'Amazon.com) et Bill Gates (fondateur de Microsoft) exercent une influence perverse sur les décisions mondiales en matière de biotechnologie et de conservation, notamment en restructurant le financement mondial de la biodiversité de manière irresponsable.

Lors de la cérémonie d'ouverture de la COP15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB) la semaine dernière, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, avait déjà dit aux délégués d'« oublier les rêves illusoires des milliardaires — il n'y a pas de planète B ».

Cette action intervient alors que le  « Bezos Earth Fund » devrait annoncer des milliards de dollars additionnels de fonds destinés à garantir la politique controversée des 30x30, qualifiée de « plus grand accaparement de terres de l'histoire ». Bien qu'il soit surtout connu pour son entreprise web Amazon.com, M. Bezos est également fier de son entreprise spatiale Blue Origin, qui construit la « route vers l'espace ». Son objectif déclaré est de déplacer la plupart des êtres humains de la planète vers de futures colonies spatiales. Avec une arrogance typique, M. Bezos a récemment déclaré à un public new-yorkais : « J'ai toujours voulu transformer la Terre en une sorte de parc national ».

« Nous sommes alarmés de voir, de nouveau, les investissements massifs octroyés par un grand milliardaire de la technologie, connu pour son mépris impitoyable des droits de l'homme et de l'écologie, « pour » la biodiversité », explique Jim Thomas d'ETC Group, un organisme international de surveillance qui suit le comportement des géants de la technologie. « Si Bezos se souciait d'un avenir en harmonie avec la nature, il commencerait par payer correctement ses impôts, payer correctement ses travailleur.euse.s et aussi réparer les énormes dommages à la nature déjà causés par l'extraction des ressources pour ses activités commerciales. »

Mais Jeff Bezos n'est pas le premier : au cours des six dernières années, des groupes de la société civile actifs à la CDB ont dénoncé l'impact du financement par des milliardaires de la technologie tels que Bill Gates et Dustin Moscovitz (fondateur de Facebook) sur les technologies génétiques comme le forçage génétique et la géo-ingénierie.

Des lobbyistes, des groupes scientifiques et des sociétés de relations publiques parrainés par M. Gates, comme l'Alliance for Science, Emerging Ag Inc. et le Réseau africain d'experts en biosécurité, ont tenté d'influencer les groupes d'experts officiels de l'ONU, les négociations, et de se coordonner avec l'Union africaine pour plaider en faveur des expériences de forçage génétique en Afrique.
M. Gates a également investi des millions de dollars dans la promotion des technologies de géo-ingénierie (c'est-à-dire de modification du climat) afin de tenter d'annuler un moratoire durement obtenu à la CDB. M. Gates a aussi investi massivement dans le projet Target Malaria, qui développe des moustiques génétiquement modifiés pour les relâcher en Afrique.

« Les Africains refusent d'être les cobayes du forçage génétique! La solution à la malaria se trouve dans la biodiversité, l'hygiène et l'assainissement », déclare Ali Tapsoba, président de Terre à Vie, une ONG basée au Burkina Faso et présent à la COP15. 

« Les milliardaires et le lobby des entreprises ne devraient pas influencer la prise de décision alors qu'il est urgent de nous sauver de la crise de la biodiversité », ajoute Thibault Rehn de Vigilance OGM. « En début de semaine, nous avons dénoncé Croplife, le grand lobby des biotechnologies qui a fortement encouragé l'utilisation des OGM et des pesticides, malgré leurs impacts destructeurs sur la biodiversité ».

« Ces injections massives de fonds philanthropiques de milliardaires dans la CDB de l'ONU perpétuent la financiarisation et la prise de contrôle de la nature par les entreprises, grâce à des approches telles que la « finance mixte », le financement privé et l'établissement imminent de marchés de services écosystémiques », déclare Helena Paul d'EcoNexus et Global Forest Coalition.

« Les fonds des milliardaires existent grâce à l'exploitation des travailleur.euse.s et de l'environnement par les entreprises. Leurs dons sont une autre façon de détourner les résultats de la conférence sur la biodiversité d'une véritable réglementation, en les remplaçant par des mesures d’écoblanchiment », déclare Hemantha Withanage, présidente des AmiEs de la Terre International.

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