CP - NON à la dépendance aux pesticides

FÊTE DU CANADA

NON à la dépendance aux pesticides

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Ottawa/territoire non cédé de la Nation Anishinabe Algonquine, le 1er juillet 2026 – En ce jour de la fête du Canada, Vigilance OGM dévoile la seconde partie de sa campagne graphique développée en vue de la prochaine campagne électorale québécoise. Après le visuel « Oui à l’indépendance aux pesticides » (1), l’organisme présente aujourd’hui son pendant : « Non à la dépendance aux pesticides ».

Alors que la question de la souveraineté du Québec occupera une place importante dans le débat public ces prochains mois, Vigilance OGM souhaite rappeler qu’il existe une autre indépendance dont il est important de discuter – et ce, qu’elle que soit le gouvernement élu.

SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

Vigilance OGM souhaite rappeler que la souveraineté alimentaire est indissociable de notre capacité à réduire notre dépendance aux pesticides. Les pesticides utilisés au Québec dépendent d'une industrie mondiale contrôlée par quelques multinationales, reposent largement sur des dérivés pétrochimiques et contribuent à un modèle agricole orienté vers les marchés internationaux plutôt que vers l'autonomie alimentaire des communautés.

L’agriculture industrielle répond à une logique de marchandisation de l’alimentation, où la course au plus bas prix l’emporte sur la protection de l’environnement, la santé publique et notre capacité à nourrir durablement nos communautés.

 

QUAND LES DÉCISIONS PUBLIQUES ÉPOUSENT LES DEMANDES DE L’INDUSTRIE

Des chercheurs indépendants ont étudié les liens étroits entre l’industrie de l’agrochimie avec les gouvernements successifs canadiens ainsi que ses autorités sanitaires : leurs conclusions alarmantes évoquent une situation de « capture réglementaire » (2), c’est-à-dire une situation où les institutions chargées de protéger l’intérêt public deviennent davantage sensibles aux intérêts des acteurs qu’elles sont censées réglementer.
 

Les événements récents à Ottawa alimentent ces préoccupations.

Le 18 juin dernier, le gouvernement fédéral a adopté le projet de loi C-30 qui modifie la Loi sur les produits antiparasitaires (3). Il s’agit d’un projet de loi budgétaire omnibus durant lequel il n’y a eu aucune évaluation scientifique des demandes, mais le dépôt d’un mémoire de la part de 20 scientifiques canadiens issus de 13 universités canadiennes différentes implorant le gouvernement de reconsidérer ses propositions concernant les pesticides (4). La nouvelle loi permet désormais à un ministre de réintroduire un pesticide interdit en faisant fi de l’avis scientifique de Santé Canada.

 

L’évaluation des pesticides par Santé Canada est déjà largement critiquée. Pour rappel, l’ARLA (5) a lancé en 2021 un « processus de transformation  » à 42 millions de dollars visant à « favoriser la transparence, l'utilisation de données scientifiques probantes et indépendantes et les contributions aux processus décisionnels » (6). Le co-président du comité des scientifiques indépendants conseillant l’ARLA dans ce processus a durant son mandat claqué vigoureusement la porte, arguant que le système d’homologation des pesticides était obsolète et qu’il « ne souhait[ait] pas donner l’impression aux Canadiens et Canadiennes que le gouvernement était en train de la protéger (7). Jamais dans ce processus n’a été évoquée l’idée de donner un pouvoir politique sur des décisions scientifiques : l’économie passe maintenant devant la santé.

 

« Lorsqu'on écoute les représentants de CropLife, le principal lobby de l'agrochimie au Canada, on comprend que l'industrie ne croyait pas pouvoir obtenir de tels changements par une réforme ouverte de la Loi sur les produits antiparasitaires. Elle privilégiait plutôt des interventions ciblées, glissées dans des projets de loi budgétaire, loin du débat public », explique Laure Mabileau, responsable de la campagne « Sortir du glyphosate » chez Vigilance OGM.

«  Cet affaiblissement réglementaire compromet aussi directement notre compétitivité sur des marchés mondiaux  plutôt que de favoriser l'économie canadienne. En témoigne le vote récent de l'Assemblée nationale française, qui a interdit l'importation de toute denrée cultivée avec des pesticides proscrits en France (8) ».


 

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Ces visuels sur la (l’in)dépendance aux pesticides visent  à rappeler l’imagerie développée pour l’appel au référendum en vue de l’indépendance du Québec. Il utilise l’oiseau comme référence à l’ouvrage Printemps silencieux de Rachel Carson, qui a décrit pour la première fois les ravages des pesticides sur la population aviaire. Ils ont été développé par l’artiste Carolane Bélanger.

Contact :

Laure Mabileau, 438 395-6121

 

(1) Communiqué de presse de Vigilance OGM, FÊTE NATIONALE DU QUÉBEC | OUI à l'indépendance des pesticides, le 24 juin 2026
(2) Bacon, Marie-Hélène, Louise Vandelac, Marc-André Gagnon, and Lise Parent. 2023. "Poisoning Regulation, Research, Health, and the Environment: The Glyphosate-Based Herbicides Case in Canada" Toxics 11, no. 2: 121.
(3) Communiqué de presse de Vigilance OGM (conjoint), REACTION À L'ADOPTION DE C-30
(4) Modifications injustifiées, dangereuses et antidémocratiques, le 17 juin 2026
(5) Mémoire déposé au Comité permanent des finances de la Chambre des communes dans le cadre de son étude du projet de loi C-30 par « un groupe de scientifiques inquiets »
(6) Agence réglementaire de la lutte antiparasitaire
(7) Rapport annuel 2021–2022 de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
(8) Communiqué de presse de Vigilance OGM, Santé Canada | Un scientifique claque la porte dénonçant un système d’évaluation des pesticides « obsolète », 18 juillet 2023
(9) L’Assemblée nationale vote pour l’interdiction de l’importation de biens alimentaires produits avec des pesticides interdits en France, 21 mai 2026, Le Monde