BILAN DES VENTES DE PESTICIDES
Les impacts sur la santé et l'environnement en augmentation
Montréal/Tiohtià:ke (Québec), le 6 mai 2026 – Vigilance OGM et Victimes des pesticides du Québec (VPQ), une initiative de l’Association de santé publique du Québec (ASPQ), réagissent à la publication du ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) du dernier Bilan des ventes de pesticides de 2024 (1).
On y apprend que malgré les plans et programmes en place depuis plus de 30 ans — dont le dernier Plan d’agriculture durable, la vente de pesticides reste à un niveau record. Les indices de risques sur la santé et l’environnement, eux, sont en fortes augmentations depuis 2022, à respectivement +22% et +47%.
« Tant que l’on ne changera pas fondamentalement notre système agricole, on continuera d’être dépendant des pesticides », s’indigne Thibault Rehn, directeur général de Vigilance OGM.
« Malheureusement, le gouvernement abandonne les premières victimes de ces pesticides, les agriculteurs et les agricultrices, pour donner encore une fois plus de place à l’industrie de l’agrochimie. »
Des risques sur la santé qui augmentent
Il y a un an était dévoilé un sondage inédit mené par VPQ avec la collaboration de l’UPA dans lequel on apprenait qu’un agriculteur répondant sur cinq disait avoir subi une intoxication aiguë ou grave durant sa pratique. Le nouveau Bilan des ventes des pesticides précise que l’indice des risques sur la santé n’a jamais été aussi élevé depuis la période 2006-2008 (servant de référence).
« Contrairement à un mythe bien répandu, les utilisateurs de pesticides (et en particulier les agriculteurs et agricultrices) sont plus que jamais exposés à des pesticides dangereux pour leur santé », souligne Pascal Priori, coordonnateur de VPQ.
Il ajoute : « Nous créons aujourd’hui plus de maladies pour le futur : c’est inacceptable ! Comment expliquer aux personnes qui seront atteintes de la maladie de Parkinson, de cancers du sang ou de la prostate, que l’on savait, mais que rien n’a été fait pour les protéger efficacement ? Le Plan d’agriculture durable est un échec pur et simple. »
Pour les deux organisations, l’indice des risques sur la santé est un indicateur désuet qui ne reflète pas la réalité des dangers des pesticides sur la santé à long terme. Il n’y a aucune étude de l’industrie des pesticides, principalement utilisée pour faire cet indice, qui mentionne les risques de maladies neurodégénératives, de cancers ou de risques pour la santé des enfants. Pourtant, des centaines d’études scientifiques indépendantes établissent ce lien (2).
Des solutions qui devraient nous orienter
Dans ce dernier Bilan des ventes de pesticides, les seuls résultats positifs sont les baisses importantes de la vente des semences enrobées de néonicotinoïdes et de l’atrazine, qui ont chuté depuis que leurs prescriptions sont obligatoires.
« Ces résultats montrent bien qu’il est difficile pour les vendeurs de justifier l’utilisation de certains pesticides d’un point de vue agronomique », déclare M. Rehn. « On demande — plus que jamais — la séparation de la vente de la prescription agronomique pour essayer de mettre fin aux conflits d’intérêts inhérents à cette pratique ».
Bien que la méthode ait démontré son efficacité, aucun nouveau pesticide n’a été ajouté à la liste de prescription obligatoire depuis 2019. Les solutions existent, il ne manque plus qu’une action politique concertée et volontariste pour les mettre en place à grande échelle.
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Contact :
Thibault Rehn, directeur général de Vigilance OGM, (514) 582-1674
(1) Bilan des ventes de pesticides pour l’année 2024, publié par le gouvernement du Québec
(2) Bilan des ventes de pesticides pour l’année 2024, publié par le gouvernement du Québec