NOUVEAUX TESTS DE PESTICIDES DANS L'EAU POTABLE
Vigilance OGM interpelle le prochain gouvernement du Québec
Sutton/Territoire de la Nation abénakise (Québec), Lundi 28 septembre 2026 – Pour une seconde année consécutive, Vigilance OGM dévoile des analyses complètes sur la présence de résidus de pesticides dans l’eau potable de plus de trente municipalités répartie sur le territoire. Contrairement à l’an dernier, où toutes les villes dépassaient la norme européenne pour la somme des pesticides, une seule l’excède cette anée Saint-Césaire.
Le métolachore ESA, métabolite du s-métolachlore, dépasse quant à lui la norme européenne dans sept grandes villes québécoises.
La présence de pesticides dans l’eau potable varie beaucoup dans le temps, notamment en fonction des périodes d’épandage et des conditions météorologiques. Ces fluctuations forment des pics dont l’ampleur est très variable.

« Même si, cette année, on a retrouvé moins de pesticides dans l’eau potable des villes testées, il reste que 7 des 31 villes testées dépassent les normes européennes pour un produit de dégradation du s-métolachlore », conclut Thibault Rehn, directeur général de Vigilance OGM.
« C’est tout de même préoccupant quand on sait que le s-métolachlore est interdit en Europe et qu’il est considéré au Québec comme le pesticide ayant le plus d’impacts sur l’environnement et la santé (1) ».
Les normes au Québec se basent sur l’évaluation réalisée par Santé Canada, une norme dite « toxicologique » ; tandis qu’en Europe, les normes sont basées sur le principe de précaution. Ce dernier est utilisé pour protéger les populations et les écosystèmes face à l'incertitude scientifique et l’impossibilité d’évaluer les impacts de tous les polluants auxquels nous sommes confrontés simultanément (différents pesticides, métaux lourds, PFAS et autres contaminants émergents). Notre exposition à une variation toujours plus large de pesticides inquiète de plus en plus — même à faible dose (2).
« Que ce soit sur l’évaluation des pesticides ou le démantèlement des réglèments qui protègent les citoyen.ne.s, on consaste que le gouvernement du Canada s’aligne sur les demandes des multinationales de l’agrochimie en évacuant la science », déplore M Rehn. « On l’a vu dans le projet de loi C-30 (3). »
Une responsabilité provinciale
Un nouveau gouvernement sera élu le 5 octobre prochain. Il aura une double mission. Premièrement, celle de faire preuve d'une réelle volonté politique pour réduire notre usage excessif des pesticides — nos gouvernements ayant largement faillit à atteindre leurs propres objectifs de réduction depuis plus de trente ans (4). Ce besoin de résultats est indispensable aux municipalités, qui voient la facture du traitement de l’eau potable grimper en flèche.
« Au Québec, il faut arrêter de jouer à l’autruche et cesser d’invisibiliser la contamination de l’eau aux pesticides », alerte M.Rehn. « Il faut réduire à la source, arrêter de couper dans le suivi de la qualité de nos cours d’eau et se baser sur la science pour mieux protéger la santé des citoyen.ne.s ».
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Nous vous recommandons fortement de consulter le rapport complet, notamment pour les détails concernant la méthodologie des analyses effectuées par l'Université de Montréal (Sébastien Sauvé) et l'ensemble des recommandations de Vigilance OGM.
Contact :
Thibault Rehn, contact@vigilanceogm.org, 514-582-1674
(1) Bilan de vente des pesticides - 2022, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Gouvernement du Québec
(2) Les pesticides sont nocifs même à faible concentration, Enzo Trouillet, La Presse, le 30 avril 2024
(3) Ottawa veut pouvoir réautoriser des pesticides interdits, Thomas Gerbet, Radio-Canada, le 8 juin 2026
(4) Pesticides : 30 ans de politiques inefficaces, lettre ouverte, Journal de Montréal, le 22 octobre 2022
(5) Les partis politiques à Québec appelés à prioriser les infrastructures d’eau, Radio-Canada, le 22 mars 2026