journee-mondiale-eau

JOURNÉE MONDIALE DE L'EAU

Protéger nos sources d’eau potable… à la source

Publié le
eau

En cette Journée mondiale de l’eau, nous tenons à rappeler l’importance de cet élément essentiel à la vie. 

Même si 3% des réserves mondiales d’eau douce se trouvent en territoire québécois, il s’agit d’une précieuse richesse vulnérable aux enjeux de contamination, de surconsommation et face aux bouleversements climatiques. 

Les dernières années témoignent effectivement d’épisodes de sécheresse plus fréquents, de l’émergence de nouveaux contaminants persistants et de conflits d’usages dans plusieurs régions du Québec. 
 

Ce 22 mars, rappelons que le meilleur levier pour préserver l’eau est la protection de ses sources. 

Des liens entre quantité et qualité

Au Québec, l'approvisionnement en eau potable d’environ 75% des habitants repose sur nos eaux de surface — soit les rivières, les lacs et le fleuve Saint-Laurent (1). L’eau de surface, si elle est plus accessible pour l’approvisionnement en eau potable des municipalités, est toutefois plus vulnérable aux risques de contamination et doit bénéficier de meilleures protections pour préserver sa qualité. Plus encore, la qualité des eaux de surfaces n’est pas uniquement influencée par la présence de contaminants, mais également par le volume d’eau dans lequel ces contaminants se trouvent. Comme le Québec connaît plus fréquemment des épisodes de sécheresse et des modifications du régime de précipitation, les volumes d’eau se trouvent proportionnellement affectés et entraînent de facto une augmentation des concentrations de contaminants comme les pesticides, les engrais, les métaux lourds, les microplastiques ou encore les PFAS. 

 

Non seulement cette augmentation des concentrations de contaminants affecte la santé de ces écosystèmes hydriques, mais elle complexifie la production d’eau potable pour les municipalités qui s’y approvisionnent afin de répondre aux besoins de près de 7 millions de Québécois et Québécoises branchés sur un réseau de distribution d’eau municipale.

 

Le Québec doit agir

Afin de garantir à sa population un approvisionnement sécuritaire en eau potable, les municipalités sont responsables de respecter les normes de qualité telles que prescrites par le Règlement sur la qualité de l’eau potable du Québec. Les municipalités ont également la lourde charge d’assainir les eaux usées de leurs citoyens avant de rejeter l’eau dans l’environnement. Leur fardeau est ainsi immense et coûteux. Pire encore, les installations municipales de production d’eau potable et d’assainissement des eaux usées sont généralement mal adaptées pour traiter les contaminants émergents (2) de plus en plus présents dans l’eau.
 

Face à l’urgence de réduire la présence de ces contaminants dans l’eau et la complexité (coûteuse) de mettre à jour les infrastructures municipales, il semble évident que la solution ne repose pas dans l'injection de dizaines de milliards de dollars publics dans le simple traitement des polluants. Il faut penser en amont.


Ainsi, la solution ne doit pas incomber uniquement aux services d’eau des municipalités : elle doit être déployée par le ministère de l’Environnement en misant, d’abord et avant tout, sur la réduction à la source de ces contaminants.

 

Les solutions existent

Il est vital que le gouvernement investisse dans un suivi en continu de la qualité de nos eaux de surfaces, par exemple dans des analyses plus rigoureuses des contaminants, dont les contaminants émergents. Nous déplorons la récente décision du gouvernement du Québec de diminuer le budget alloué à ces suivis primordiaux (3). Un meilleur suivi permettrait pourtant aux municipalités d’adapter adéquatement leur plan de protection des sources d’eau potable, obligatoire pour toutes les municipalités desservant plus de 500 habitants avec leur réseau d’eau.

Dans un second temps, il est crucial d’améliorer le respect des bandes riveraines autour des cours d’eau. Les bandes riveraines aident — entre autres — à filtrer naturellement les rejets agricoles comme le phosphore et les pesticides (4). Plus encore, il convient de resserrer le suivi environnemental du secteur industriel, incluant les activités telles que le recyclage de batteries ou les fonderies. En effet, ces contaminants se retrouvent inévitablement dans notre environnement et posent des risques sérieux en termes de santé publique (5).
 

En cette année d’élection provinciale, nous demandons aux partis politiques d’enfin se positionner comme des partenaires des municipalités dans ce dossier complexe. Nous leur demandons des investissements ambitieux afin d’assurer un suivi en continu de la qualité de l’eau de surface et d'établir des normes de qualité des eaux de surface afin de limiter au maximum le rejet de contaminants. 
 

Plus que des plans ou des politiques, nous exigeons un meilleur suivi et encadrement environnemental des secteurs agricole et industriel particuliers, afin de permettre aux municipalités de répondre, aujourd’hui comme demain, à leur responsabilité : fournir à la population une eau potable de qualité. Il en va de notre santé, de celle de l’environnement dont nous dépendons et de l’avenir de notre patrimoine commun le plus précieux, l’eau.
 

Rébecca Pétrin, directrice générale Eau Secours

Thibault Rehn, coordinateur Vigilance OGM

André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières

> LIRE DANS LA PRESSE

(1) L'eau potable au Québec - Des exigences élevées pour une eau de qualité, Gouvernement du Québec
(2) Les contaminants émergents incluent, notamment, les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS), les pesticides et insecticides ainsi que les micro et nano plastiques. 
(3) Québec coupe court au suivi de la qualité de l’eau dans certaines régions, Radio-Canada, Marianne Dépelteau et Thomas Gerbet, le 5 octobre 2025
(4) RAPPORT SUR L’ÉTAT DES RESSOURCES EN EAU ET DES ÉCOSYSTÈMES AQUATIQUES DU QUÉBEC 2025, Gouvernement du Québec
(5) https://www.jle.com/download/ers-332393-63281-synthese_effets_des_pfas_sur_la_sante_humaine_etat_des_connaissances-a.pdf