CONSOMMATION
Santé Canada vous invite au premier BBQ OGM
Montréal/Tiohtià:ke (Québec), le 29 janvier 2026 – Santé Canada vient d’autoriser pour la consommation humaine et animale un porc génétiquement modifié (GM). Ce porc a été génétiquement modifié, via des techniques de l’édition du génome, pour résister au virus du syndrome dysgénésique et respiratoire du porc (1).
Après l’acceptation du premier animal GM, le saumon, en 2016, c’est donc le second animal GM approuvé par le Canada. Pour rappel, la compagnie Aquabounty qui produisait ce saumon a arrêté sa production et fermé toutes ses installations en 2024 (2).
« C’est incroyable que le gouvernement accepte ce porc OGM sur nos BBQ et dans nos assiettes sans même faire des consultations auprès des producteur.rice.s et des consommateur.rice.s », s’indigne Thibault Rehn, coordonnateur de Vigilance OGM. « De plus, ces animaux OGM ne seront pas étiquetés puisque ce droit est toujours refusé aux consommateur.rice.s malgré leurs demandes répétées ».
Dans des circonstances similaires, Santé Canada avait accepté fin 2025 la consommation de viande clonée, sans étiquetage, mais avait vite fait marche arrière après une levée de boucliers des consommateurs et des producteurs (3).
L’industrie s’inquiète
Suite a cette nouvelle annonce, l’industrie n’a pas tardé à réagir. En effet, la compagnie québécoise duBreton, leader de la production porcine biologique en Amérique du Nord indiquait dans son communiqué de presse : « que la transparence, la confiance du public et la stabilité du marché doivent demeurer centrales dans les décisions liées aux politiques alimentaires, particulièrement alors que de nouvelles technologies continuent d’émerger » (4).
De plus, les portes des marchés exportateurs pourraient se fermer puisque très peu de pays (5) acceptent cet animal GM. Cela vient nuire aussi à l’image du système agricole canadien — déjà entamé par le tollé de la contamination des lentilles par les pesticides (6).
« Le Canada continue de se tirer une balle dans le pied : d’un côté ils veulent diversifier leurs marché en pleine guerre commerciale, et de l’autre il autorise des produits interdits chez les nouveaux partenaires potentiels. Cela ne fait aucun sens », souligne M. Rehn.
Aucune volonté de transparence
Ce lundi, le gouvernement répondait à la pétition de M. Perron, critique agricole au Bloc Québécois, qui demandait un étiquetage obligatoire des OGM — pétition qui a été appuyé par plusieurs milliers de citoyen.ne.s à travers le Canada : « L'Agence canadienne d'inspection des aliments comprend que certains consommateurs souhaitent obtenir cette information. À cet égard, l’Agence incite les entreprises alimentaires à aider les consommateurs à prendre des décisions d'achat éclairées grâce à l'étiquetage volontaire. » (7)
Cet étiquetage volontaire dont l’ACIA fait mention n’a jamais utilisé par aucune compagnie depuis plus de 20 ans.
« Les consommateurs et les consommatrices ne sont clairement pas prêts (et ne le seront probablement jamais) à consommer des animaux génétiquement modifié – encore plus à leur insu », souligne M. Rehn.« Il y a de nombreuses raisons de ne pas vouloir en consommer : enjeu éthique, religieux, de bien-être animal… Ou simplement l’effet ‘’beurkk’’ », finit-il par ironiser.
1 - Communiqué de presse, Santé Canada, «Le Canada autorise l'utilisation de porcs résistants au virus du syndrome dysgénésique et respiratoire du porc dans l'alimentation humaine et animale», le 24 janvier 2026.
2 - Page web : Saumon OGM, Vigilance OGM
3 - La Presse, William Thériault, « Que se passe-t-il avec la viande clonée ? », le 13 décembre 2025
4 - Communiqué de presse, duBreton, « duBreton réagit à l’approbation par Santé Canada de la viande modifiée par édition génétique avec un engagement d’étiquetage « Vérifié sans clonage ni édition génétique » », le 27 janvier 2026
5 - Actuellement, seul les États-Unis, le Brésil, la Colombie et la République dominicaine accepte ce porc OGM.
6 - Communiqué de presse, Vigilance OGM, « Seuils de résidus de pesticides : les lentilles canadiennes font scandale en France », le 17 novembre 2026
7 - Réponse de la Ministre de la Santé à la péititon e6768 exigeant un étiquetage obligatoire de tous les OGM.